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Mes lectures

Sa majesté des ombres – Ghislain Gilberti

publié le 12 avr. 2019 à 11:52 par Gilles Debouverie

Je le dis et le répète, tous les livres ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Et celui-ci ne déroge pas à la règle. Si vous aimez les flics ripoux et le milieu sombre et violent des narcotrafiquants, alors « Sa majesté des ombres » est pour vous, incontestablement.

Le pitch : Une organisation obscure et très bien structurée se répand dans l’est de la France, se faisant remarquer par la qualité surprenante de leur marchandise et leur méthode de revente. Chaque arrestation entraînant l’élimination systématique de tous les témoins, la police, malgré des méthodes parfois douteuses, ne parvient pas à mettre la main sur ce cartel. Jusqu’à l’arrivée de Cécile Sanchez, qui tentera de mettre en place un plan aux rouages parfaitement huilés. A condition qu’aucun grain de sable ne vienne coincer cette belle mécanique.

Ce livre ne comporte que deux défauts majeurs : il est encombrant et n’est que le premier volet d’une trilogie. Deux défauts bien visibles avant son acquisition et qui ne doivent surtout pas vous inquiéter. En dehors d’une bonne tendinite du poignet et d’une irrépressible envie d’obtenir le 2e volet, vous risquez juste de passer un très bon moment. Car Monsieur Gilberti n’a pas son pareil pour décrire les scènes d’action et nous abreuver de cadavres tous plus sanglant les uns que les autres.
La première partie est si rythmé et intense, qu’on peut avoir ensuite un peu de mal avec la mise en place de la seconde. L’enquête, l’arrivée de nouveaux personnages… Mais une fois ce passage bouclé, l’intensité revient peu à peu pour terminer en apothéose et surtout sur un cliffhanger dont on peut deviner les quelques ficelles qui seront tirées dans le deuxième volet.

Alors si vous avez le cœur bien accroché, plongez-vous sans hésiter dans l’univers rouge et blanc de Ghislain Gilberti, rouge pour le sang, et blanc pour la poudre…

"Sinestra" d’Armelle Carbonel

publié le 7 févr. 2019 à 07:50 par Gilles Debouverie   [ mis à jour : 7 févr. 2019 à 07:59 ]

L’un des talents de madame Carbonel est d’accaparer un lieu, de se l’approprier, et de le faire revivre en y injectant cette ambiance dont elle seule est capable de créer. J’avais déjà eu ce ressenti avec Majestic Murder, et elle poursuit ici avec encore plus de qualité. Dans ce roman, elle investit le Val Sinestra, un hôtel thermal construit dans les Alpes suisse au début du XXe siècle. Elle le projette au milieu de la 2e guerre mondiale en y installant un duo morbide composé du Signur Guillon et de il docter. Le lieu reçoit par moment des convois de malheureux, échappés de la tyrannie allemande. Ils ont tous un point commun : ils sont malades, physiquement ou mentalement. Il y a la petite Anna, aveugle. Colette dont la main gauche se joue de son cerveau. Arthur qui a des problèmes de sommeil. Valère et son identité sexuelle (car à l’époque et pour il docter, c’est une maladie qui peut se soigner bien sûr).
En conclusion de ce pitch, je dirai que ces gens ont laissé le mal derrière eux pour entrer dans le Val Sinestra…

J’ai tendance à penser que le cinéma apporte aux sens ce qu’un livre ne peut pas faire, et réciproquement. Eh bien, madame Carbonel est la preuve que non. Cette experte en ambiance a la capacité de vous retourner la tête en glissant des filtres sépia aux effets surnaturels entre ses lignes. J’avais l’impression d’être devant un film de Jean-Pierre Jeunet et de me déplacer dans les univers décalés et cotonneux de « La cité des enfants perdus » ou de « Delicatessen ».

Je continue à penser que la plume d’Armelle Carbonel n’est pas simple et qu’elle peut laisser de côté certains lecteurs. Mais si vous êtes prêts à faire ce petit effort pour plonger dans le monde torturé de cette auteure, alors vous ferez un merveilleux voyage.
Armelle Carbonel est sans conteste, l’une des plus belles plumes, si ce n’est la plus belle, du large spectre des auteurs contemporains de thriller. Espérons juste que son imagination ne lui fasse jamais défaut.

"L’heure des fous" de Nicolas Lebel

publié le 11 janv. 2019 à 05:42 par Gilles Debouverie

J’ai décidé de consacrer au moins une lecture sur deux à un auteur que je n’ai encore jamais lu, et je vous le dis, ça en fait un bon paquet en retard. Nicolas Lebel faisait partie de cette catégorie. Je dis « faisait », car venant de refermer la dernière page de « l’heure des fous », il fait maintenant partie des auteurs que je relirais avec grand plaisir.

Le pitch : Tout commence de façon presque routinière pour l’équipe d’officiers emmenée par l’étonnant capitaine Mehrlicht. Un SDF retrouvé assassiné. Un commissaire qui veut boucler l’enquête au plus vite. Bref, du classique dans les rues de la capitale. Mais les choses vont se compliquer lorsque la véritable identité du cadavre sera connue. L’enquête va révéler une sombre et dangereuse machination qui mènera l’équipe dans des zones de non-droit, des lieux de survies oubliés de tous, et dans les sous-sols de Paris. Avec un final explosif !

Voilà une enquête qui progresse au fil du bouquin en suspense et en intensité pour finir à 100 à l’heure. Une idée vraiment originale, une histoire alambiquée et surtout des personnages taillés dans du Audiard pur jus. J’ai également apprécié la façon dont l’auteur a travaillé ses inspecteurs de police, en profondeur et avec des spécificités qui les rendent tous attachants. Quant au capitaine, sa gouaille et les sonneries de son téléphone vous arracheront à coup sûr quelques sourires minimum.

Ceux qui ont eu la chance de rencontrer cet auteur ne seront pas dépaysés en lisant sa prose. Elle est à son image, fleurie et rafraîchissante.
Le capitaine Mehrlicht (on n’a pas idée de mettre autant de consonnes dans un nom de famille !) va devenir une valeur sûre qu’il faudra retrouver rapidement dans sa PAL.

"Un dernier pas de danse" de Anabelle Read

publié le 18 déc. 2018 à 04:27 par Gilles Debouverie

C’est toujours intéressant d’alterner les valeurs sûres avec de jeunes auteurs débutants. Cela permet de découvrir de potentiels nouveaux talents et aussi de parler d’eux en partageant nos retours.
C’est autour d’un apéro de lecteurs compulsifs que j’ai rencontré Anabelle, chez un libraire qui me l’a grandement conseillée. Son livre venait de quitter le giron exclusif de France-Loisir, après une période de très forte vente. Sachant que nous allons croiser de plus en plus cette auteure dans les salons de la région, c’était presque un devoir de se plonger dans son premier ouvrage.

Le pitch : Lily est une jeune femme à qui la vie a réservé des alternances de joies et de peines. Danseuse à l’avenir prometteur à New York, un accident de podium met fin prématurément à sa carrière. Elle retourne alors chez ses parents adoptifs, en France, dans les Alpes, afin de se reconstruire et, pour l’occasion, de participer au mariage de son frère. Sa jeunesse a été brisée par l’assassinat violent de sa mère par son père alors qu’elle n’avait que 5 ans. Une fois en France, elle retrouve son meilleur ami, Vincent, un flic qui enquête sur le meurtre d’une jeune femme. Bien entendu, on apprendra très vite que Lily est liée à cet homicide qui ne sera qu’un début.

Je voudrais d’abord insister sur le genre. Nous sommes ici dans un roman qui offre une part équitable entre la romance et le polar. Je pense que c’est important de le préciser, car le lecteur qui n’est pas ouvert aux histoires d’amour risque d’avoir du mal à accrocher, surtout au début. Dans la deuxième partie, le suspense prend l’ascendant. Mais nous sommes ici dans un livre dans lequel on a autant envie de savoir si les deux amoureux vont finir par conclure que si le flic va trouver et arrêter le coupable.
Incontestablement, Anabelle Read possède une belle écriture. Elle aime décrire les lieux, les paysages, les situations, les sensations. Si vous appréciez cette superbe région, les histoires se passant dans les grandes familles plutôt aisées et enclines à cultiver les secrets, les amoureux transis qui se trouvent mille prétextes pour échapper à la passion qui les dévore, et les destins déchirés qui peuvent nourrir les pires des psychopathes, alors ce livre est pour vous et vous passerez un moment plus qu’agréable.

"Le mystère Fulcanelli" de Henri Loevenbruck

publié le 26 nov. 2018 à 02:21 par Gilles Debouverie   [ mis à jour : 26 nov. 2018 à 02:26 ]

Après avoir eu un véritable coup de cœur pour « Nous rêvions juste de liberté », et en prévision de la venue de son auteur pour l’édition 2019 du salon des Mines Noires, je me devais d’étoffer ma culture Loevenbruckienne. C’est l’une de mes bêta-lectrice, connaissant donc assez finement mes ouvrages et même ceux qui ne sont pas encore disponibles pour le grand public, qui m’a conseillé ce livre et grand bien lui a pris.
J’aime bien dire que pour faire un bon livre, il faut trois ingrédients. Une belle plume, et mon premier voyage dans l’univers de cet auteur me l’avait déjà démontré. Une bonne idée, et le mystère tout à fait réel qui entoure le personnage de Fulcanelli ne pouvait qu’en être une. Et la bonne façon de romancer cette idée. Et c’est là qu’il ne fallait pas se louper, car ce sujet aurait pu dériver vers le pompeux, le récit pour initiés, le ramassis de références imbuvables. Et monsieur Loevenbruck a parfaitement réussi à transformer l’essai en nous livrant là une enquête palpitante, pleine de retournements de situation, et avec tout l’humour qui caractérise cet auteur.

Le pitch quand même : Ari Mackenzie (un des personnages récurrents chez Loevenbruck) est un ancien commandant des services secrets. Il végète plutôt lamentablement lorsque l’un de ses amis, le brigadier-chef Radenac, le contacte pour lui parler d’une affaire. Un vieil homme a été retrouvé mort à son domicile, a priori d’une crise cardiaque, et sa fille est persuadée que quelqu’un a dérobé un carnet d’une grande valeur dans sa prestigieuse bibliothèque. Ce carnet aurait été écrit des mains mêmes du mystérieux Fulcanelli, un homme ayant vécu au début du XXe siècle, ayant signé deux ouvrages sur l’alchimie et dont la véritable identité n’a jamais été connue et dévoilée. Radenac met Mackenzie sur le coup, car il connaît sa grande culture et sa passion pour l’hermétisme. Cependant, Mackenzie est un fervent défenseur de l’idée que Fulcanelli a toujours été une imposture, et il ne peut donc pas prêter une quelconque authenticité à ce fameux carnet. Mais certains événements vont titiller sa curiosité, et il finira par se prendre au jeu.

J’ai particulièrement apprécié le découpage en court chapitre, permettant à l’auteur d’intercaler les recherches plus calmes avec l’enquête dynamique, donnant un rythme vraiment agréable à l’ensemble. C’était la première fois que je côtoyais monsieur Mackenzie. Ce personnage est plein d’humour, décalé, rebelle, en marge de la société. Je pense que je vais vraiment aimer le retrouver dans ses autres aventures. La prochaine étape pour moi sera de dire de vive voix tout le bien que je pense de ce monsieur lors de son passage à Nœux-les-Mines, et de lui prendre « J’irai tuer pour vous » avec une petite dédicace.

"Les chiens de Cairngorms" de Guillaume Audru

publié le 16 nov. 2018 à 05:52 par Gilles Debouverie

J’avais lu l’an dernier « L’île des hommes déchus », du même auteur. « Les chiens des Cairngorms » en est la suite.

On retrouve les personnages rustres et ambigus du premier opus quatre ans après, quand sonne l’heure de la libération conditionnelle de Roy Grist et Liam Holm. Ces deux vieillards avaient été condamnés pour une vieille affaire dévoilée par Eddie Grist, le fils du premier, et Moira Holm, la fille du second. Attisés par une envie de vengeance, ils comptent bien à présent faire payer leurs enfants indignes et récupéré un bon paquet de fric.

Cette suite est écrite exactement de la même façon. Guillaume Audru, avec un talent assez unique en son genre, nous raconte cette histoire en bondissant de personnage en personnage. Nous plongeons chaque fois dans le plus profond de leurs âmes, sombre pour la plupart. Car dans ces romans, il n’y a pas de gens biens. Tous ont quelque chose à se reprocher, des caractères trempés et violents, voire des déviances prononcés. Cette approche technique originale augmente l’ambiance sombre et lourde.

Le roman se lit vite. L’écriture est belle et fleurie. L’auteur sait nous plonger dans l’ambiance et le décor particulier de cette région d’Ecosse. Contrairement au premier opus, il n’y a pas de suspense puisqu’on connait les activités des malfaiteurs, l’objectifs des vieux et l’enquête de Moira. On se demande juste comment tout cela va finir ? Qui s’en sortira vivant ? A qui profitera le magot ?
J’ai quand même clairement préféré « l’île des hommes déchus », justement parce qu’on découvre l’intrigue tout au long de l’histoire. Cette approche différente avec cette suite n’est pas assez compensée par les retournements de situation. Quant à la fin, il faudra que j’en discute directement avec l’auteur.

Conclusion : Guillaume Audru reste une valeur sûre avec une écriture et un univers à part. Il ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais moi, j’aime.

"Le murmure de l’ogre" de Valentin Musso

publié le 9 oct. 2018 à 05:06 par Gilles Debouverie

J’avais déjà bien entendu lu le frère, mais pas encore Valentin. Et comme on m’en disait le plus grand bien, il était temps pour moi de franchir le cap. Sous les conseils multiples des mordus, mon choix s’est porté sur « Le murmure de l’ogre ».

Le pitch : L’histoire se déroule en 1922, à Nice. Une série de meurtres est rattachée à un même tueur. Des enfants et des prostitués. Le coupable se joue de la nouvelle brigade mobile dirigée par le commissaire Forestier. Celui-ci va faire appel à un ami, le psychiatre Frédéric Berthellon pour tenter de mieux cerner le profil de l’assassin. Va s’ensuivre une course poursuite entre les indices récoltés, les analyses de laboratoire et d’autres disparitions.

Valentin Musso nous dépeint dans ce livre une belle fresque des années 20. Il a choisi, avec cette enquête, de nous apprendre le fonctionnement de la police de l’époque et la mise en place de nouveaux services comme les brigades mobiles. Nous découvrons aussi les avancés techniques et scientifiques sur les laboratoires d’analyse, le fichage des criminels et une multitude d’autres sujets passionnants.
Cependant, je trouve que la part faite à la pédagogie empiète trop sur le rythme et le suspense. J’avoue avoir mis beaucoup de temps à lire ce roman, peu enclin à démarrer un nouveau chapitre aux heures tardives ou à emporter le livre dans tous mes déplacements, contrairement à d’autres auteurs que j’ai déjà chroniqués ici. 
J’ai appris, entre temps, que mon choix n’avait sans doute pas été le plus judicieux avec des critères reposant principalement sur le rythme et le suspense. Il va me falloir offrir une deuxième chance à cet auteur dont la plume demeure malgré tout impeccable. 

"Cured – Two imaginery boys" de Lol Tolhurst

publié le 16 août 2018 à 07:17 par Gilles Debouverie

Ce n’est pas dans mes habitudes de lire des biographies. L’aspect créatif des artistes est souvent largement suffisant pour moi. Ce qu’ils mangent et la façon dont ils vivent ne m’attirent pas spécialement. Mais quand on parle des Cure, c’est une autre histoire.

À ma rentrée en terminal en 1985 (le premier qui dit que je suis vieux…), j’ai rencontré un type génial. Il était un peu bizarre, un peu marginal, les autres le regardaient de travers, et c’est sans doute ça qui m’a attiré chez ce mec. Je l’ai embarqué dans mes jeux de rôles, et lui m’a fait découvrir son univers musical. J’avais un bon fond, comme il aime le dire. Depeche Mode, Simple Minds, U2… Mais il m’a mis un vinyle des Cure entre les mains, et il a changé ma vie.
Même si nous nous sommes un peu éloignés depuis, et que nous ne discutons plus que via Facebook, Philippe restera toujours dans mon cœur auprès des très rares personnes qui ont vraiment compté pour moi.

Lol Tolhurst et l’ami d’enfance de Robert Smith. À deux, ils ont fondé les Cure, un groupe hors norme qui aura marqué la période post-punk des années 80. Il raconte sa jeunesse, sa rencontre avec cet artiste hors pair qu’est Robert Smith, les années de gloire, puis l’alcool, la déchéance et la terrible rupture avec le reste du groupe.
Si Tolhurst n’est pas un écrivain, il parvient à dépeindre la banlieue londonienne des années 70 et les balbutiements du groupe. On comprend pourquoi ces garçons avaient une volonté farouche de sortir de ces lieux sombres et sans avenir. On comprend aussi l’origine du son si unique qui suivra le groupe durant toute sa carrière.

Évidemment, ce livre marquera plus spécialement les fans, comme moi. Mais il peut aussi plaire à ceux qui s’intéressent au processus de création, aux histoires d’amitié, et aux aspects un peu noirs de l’Angleterre des années punk et post-punk.
Bien sûr, il y a des dizaines d’anecdotes souvent amusantes. Le côté biographie des Cure est un peu gâché par l’alcoolisme profond de l’auteur qui en a certainement perdu des passages. Mais c’est aussi une aventure humaine qui se termine bien. Lol Tolhurst ne boit plus et s’est réconcilié avec Robert.

Moi qui vénérais ce groupe avant cette lecture, j’ai découvert des gens simples, malgré le succès et mon affection s’est encore renforcée.
Je ne dirais qu’une chose, merci les Cure, et surtout, merci Philippe…

"Comme de longs échos" de Elena Piacentini

publié le 27 juil. 2018 à 07:32 par Gilles Debouverie

Je n’avais pas encore lu cette auteure nordiste, la croisant pourtant régulièrement sur les salons. Lorsque l’un de ses livres a été proposé à notre cercle littéraire, j’ai mis tout de suite la main dessus et grand bien m’a pris.

Le pitch : Vincent Dussard et son épouse sont en train de faire un break après quelques épisodes conjugaux difficiles et la naissance récente de leur enfant. Il rend visite à sa femme avec les meilleures intentions du monde, et la découvre morte d’une balle en pleine tête alors que son bébé a disparu. Le capitaine Mathilde Senechal fait partie des enquêteurs et s’implique comme jamais dans cette affaire en espérant retrouver l’enfant vivant. Mais plus les recherches avancent et plus l’étau se resserre autour du père qui semble traîner avec lui quelques casseroles. Mais un autre homme va venir semer le doute sur cette culpabilité presque évidente. Un ancien flic, vivant presque en ermite à plusieurs centaines de kilomètres de Lille, remarque ce fait divers qui lui rappelle étrangement un autre qui lui a laissé un très mauvais souvenir.

Pour moi, il faut trois ingrédients pour faire un bon roman : une bonne idée, une façon originale de la raconter, et une belle plume. Immanquablement, Elena Piacentini les réunit parfaitement bien ici. J’ai découvert chez cette auteure une façon d’écrire originale et très agréable à lire. Mme Piacentini manie la langue avec justesse et avec une certaine poésie sans que cela n’alourdisse l’histoire.
Voilà donc un excellent polar avec un final inattendu que je conseillerais sans hésiter.

"La tour de sélénite" d'Arnaud Codeville

publié le 27 juil. 2018 à 06:56 par Gilles Debouverie

Après avoir lu 1974, le second roman d’Arnaud Codeville, je me suis attaqué à son premier.

Le pitch : Adel Blanchard est un écrivain en mal de productivité et en cours de divorce. Pour se renflouer financièrement, il accepte un poste de professeur de littérature dans une faculté lilloise. Il rencontre un duo d’enseignant ayant comme projet de faire racheter un vieux phare breton par l’établissement et d’y emmener quelques étudiants pour le retaper, dans le cadre d’un projet pédagogique. Une semaine après leur départ, les profs ne donnent plus signe de vie. Sur place les autorités affirment ne jamais les avoir vus. Bref, Adel et trois autres enseignants se rendent sur place pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Après un démarrage assez poussif (autant dire qu’il ne se passe vraiment pas grand-chose sur les cent premières pages), une fois que les quatre profs débarquent sur l’île et découvrent le phare, alors tout s’enchaîne. Nous découvrons une série d’événements qui vont faire entrer ces quatre hommes dans la terreur.
Si la fin devient addictive, le risque est de ne pas fournir l’effort nécessaire pour franchir le début un peu mou. Par la suite, c’est un bon roman d’horreur qui fera certainement frémir les amateurs du genre. Attention à quelques incohérences de réaction des personnages sur la fin que je ne peux pas expliquer ici sans spoiler l’histoire.

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