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"666e kilomètre" de Michaël Moslonka

publié le 14 juil. 2017 à 13:01 par Gilles Debouverie
Visiter l’univers littéraire de Mr Moslonka est un peu comme une épreuve initiatique. Comme si un athée pur et dur assistait à une messe en latin, ou comme si un végétarien de naissance se tapait un bon charolais saignant. La façon dont on en ressort est certainement bien différente selon les personnes qui tenteront l’expérience. Personnellement, je me mettrais dans la catégorie du végétarien goûtant son premier bout de viande et ne lâchant le reste du steak pour rien au monde.
Il paraît que Mr Moslonka n’est pas seul dans sa tête (lui-même le confirme), j’en ai maintenant la preuve. Mais bien des auteurs sont dans le même cas. Après, on peut faire un concours du nombre de personnalités qui nous habitent, mais nous ne sommes plus dans la cour de maternelle.

Le pitch : Camus prend la route avec sa voiture, direction Royan, pour se rendre chez un ami. Cela fait longtemps que ce jeune trentenaire n’a pas quitté son appartement d’Hénin-Beaumont, surtout depuis sa séparation d’avec Mathilde. Bref, nous avons là un personnage bien borderline, torturé comme il faut, et lui-même pas tout à fait seul dans sa caboche.
Tout se passe plutôt bien jusqu’à cet arrêt, dans une aire de repos, sur l’A10, au 661e kilomètre. Et lorsque Camus reprend la route, nous allons pénétrer inexorablement dans la 4e dimension.

Impossible de vous en dire plus, car la suite n’est pas racontable de toute façon. Elle doit se lire. Mais Mr Moslonka parvient à nous embarquer dans un délire mêlant road-movie, thriller fantastique et satire sociétale.

On m’avait mis en garde sur l’écriture de ce bonhomme, mais j’ai eu l’agréable surprise de la trouver tout à fait abordable, pas élitiste du tout. La difficulté reste de suivre la pensée de l’auteur. Si je peux vous donner un conseil, devenez la danseuse dans le couple auteur/lecteur. La danseuse dans le sens de celle ou celui qui doit se laisser guider. Mr Moslonka va vous embarquer dans une valse chaotique dans laquelle il ne faudra faire aucune résistance sous peine de vous faire marcher sur les pieds.
En tout cas, maintenant que je suis devenu un gros viandard, il y a de grandes chances que je prenne du rabe à l’occasion !

Merci Michaël Moslonka.

Ah oui. J’ai trouvé dans le même paragraphe les mots suivants : Camus, peste et étranger… je suis sûr que ce n’est pas une coïncidence. Je demanderai une confirmation à l’auteur lui-même !
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