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"Chéloïdes : Chronique punk" de Morgane Caussarieu

publié le 16 nov. 2017 à 05:14 par Gilles Debouverie
Point de polar, de thriller ou de fantastique cette fois-ci. Une chronique est une chronique, une tranche de vie. Une fois n’est pas coutume j’attaque, bille en tête, par le pitch :
Colombe est une jeune marginale bossant comme maquilleuse pour des films pornos gay. Déjà, rien que cette première phrase de présentation nous donne une indication sur ce qui risque de nous attendre au fil des pages. Elle rencontre Malik, un punk désœuvré et SDF. Ce roman nous raconte l’histoire d’amour qui va s’instaurer entre ces deux-là sous la forme d’une lente destruction programmée.

Écrivant à la première personne, l’auteure nous embarque avec sa Colombe jusqu’au bout de son aventure humaine faite de rencontres, de lieux, de musique, de sexe et de drogue. Je n’ai pas été surpris, je n’ai pas pris de claque dans la gueule, j’ai juste vu arriver ce qui devait arriver et je l’ai accompagné avec beaucoup d’affection et de compréhension.

J’ai vraiment aimé cette chronique dans le sens où elle ne cherche pas à donner de leçons de morale ou à montrer du doigt le bien ou le mal, mais elle apporte juste un témoignage sur cette marginalité que vivent certaines personnes, et le tout sans concession. Parce que Chéloïdes est trash, sombre, sans tabou, mais jamais vulgaire ou indécent, même quand l’auteure aborde des sujets très sensibles.

Quand j’ai rencontré Morgane Caussarieu et son éditeur aux Halliennales, ils ne pouvaient sans doute pas deviner que derrière ce bon gros barbu grisonnant de plus de cinquante balais pouvait se cacher un type ayant côtoyé le milieu punk des années 80. Je me garderai bien de me qualifier d’ancien punk, car comme le dit si bien Morgane Caussarieu, soit on est punk, soit on ne l’est pas. Mais on ne peut pas l’avoir été. J’ai porté la crête, le treillis et les rangers pendant trois mois, avant de m’apercevoir que j'avais une plus forte inclinaison pour le noir et les cheveux crêpés et que je préférai écouter les Cure plutôt que les Ramones. Mais j’en ai connu et je les ai appréciés à leur juste valeur. Et surtout j’ai bossé pendant 1 an derrière les platines d’une boîte punk. Alors, autant dire que les références musicales citées par l’auteure ont fait mouche. Bauhaus, Killing Joke, Billie Idol… Avec un pincement au cœur pour les Sisters of Mercy que j’affectionne plus particulièrement.
Je n’ai pas connu les lieux parisiens, n'ayant pratiqué que les boîtes de ch’nord et de Belgique, et surtout, dans les années 80, tout cela était plutôt gentillet par rapport à ce que dépeint l’auteure aujourd’hui sur Paris, puis sur Berlin.
Morgane Caussarieu a su parfaitement nous décrire ces lieux underground, la musique, la drogue et ses effets (et méfaits). Tout cela sans en faire de trop. Un savant dosage.

Allez, si je devais faire une petite remarque, je dirais juste que je m’attendais à une fin légèrement différente. Sans en dévoiler plus pour ne pas spoiler bien sûr. Mais c’est de l’ordre du ressenti personnel que j’espère avoir l’occasion de transmettre plus précisément à l’auteure, en plus de mes sincères félicitations pour cet excellent roman que j’ai dévoré de bout en bout.
Merci Sébastien pour tes conseils avisés et à bientôt Morgane Caussarieu.

Une dernière chose pour ceux qui, comme moi, ne le savaient pas, une chéloïde est une excroissance de peau pouvant apparaître lors du processus de cicatrisation. Trace indélébile d’une ancienne blessure…

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