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"Cured – Two imaginery boys" de Lol Tolhurst

publié le 16 août 2018 à 07:17 par Gilles Debouverie
Ce n’est pas dans mes habitudes de lire des biographies. L’aspect créatif des artistes est souvent largement suffisant pour moi. Ce qu’ils mangent et la façon dont ils vivent ne m’attirent pas spécialement. Mais quand on parle des Cure, c’est une autre histoire.

À ma rentrée en terminal en 1985 (le premier qui dit que je suis vieux…), j’ai rencontré un type génial. Il était un peu bizarre, un peu marginal, les autres le regardaient de travers, et c’est sans doute ça qui m’a attiré chez ce mec. Je l’ai embarqué dans mes jeux de rôles, et lui m’a fait découvrir son univers musical. J’avais un bon fond, comme il aime le dire. Depeche Mode, Simple Minds, U2… Mais il m’a mis un vinyle des Cure entre les mains, et il a changé ma vie.
Même si nous nous sommes un peu éloignés depuis, et que nous ne discutons plus que via Facebook, Philippe restera toujours dans mon cœur auprès des très rares personnes qui ont vraiment compté pour moi.

Lol Tolhurst et l’ami d’enfance de Robert Smith. À deux, ils ont fondé les Cure, un groupe hors norme qui aura marqué la période post-punk des années 80. Il raconte sa jeunesse, sa rencontre avec cet artiste hors pair qu’est Robert Smith, les années de gloire, puis l’alcool, la déchéance et la terrible rupture avec le reste du groupe.
Si Tolhurst n’est pas un écrivain, il parvient à dépeindre la banlieue londonienne des années 70 et les balbutiements du groupe. On comprend pourquoi ces garçons avaient une volonté farouche de sortir de ces lieux sombres et sans avenir. On comprend aussi l’origine du son si unique qui suivra le groupe durant toute sa carrière.

Évidemment, ce livre marquera plus spécialement les fans, comme moi. Mais il peut aussi plaire à ceux qui s’intéressent au processus de création, aux histoires d’amitié, et aux aspects un peu noirs de l’Angleterre des années punk et post-punk.
Bien sûr, il y a des dizaines d’anecdotes souvent amusantes. Le côté biographie des Cure est un peu gâché par l’alcoolisme profond de l’auteur qui en a certainement perdu des passages. Mais c’est aussi une aventure humaine qui se termine bien. Lol Tolhurst ne boit plus et s’est réconcilié avec Robert.

Moi qui vénérais ce groupe avant cette lecture, j’ai découvert des gens simples, malgré le succès et mon affection s’est encore renforcée.
Je ne dirais qu’une chose, merci les Cure, et surtout, merci Philippe…

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