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"Les murmures de l’ange" d’Hervé Hernu

publié le 29 déc. 2016 à 07:48 par Gilles Debouverie   [ mis à jour : 29 déc. 2016 à 07:52 ]
Mon problème avec les polars, c’est que je dois attendre la fin pour avoir la confirmation que le roman correspond à mes critères de jugement. Et il faut l’avouer, Hervé a construit son histoire en s’appuyant sur de nombreux aspects que j’aime : La possibilité de découvrir le coupable rapidement si l’on est malin (c’était mon cas, en toute modestie), la possibilité de douter de son identité au fil des pages (je confirme aussi), et l’implication personnelle des personnages principaux. Bref, les bons ingrédients pour un polar réussi et captivant.

L’histoire commence alors que l’ange noir vient de commettre un nouveau meurtre atroce. Il sévit depuis plusieurs années, en laissant de longs intervalles de temps entre chaque assassinat, plongeant les enquêteurs dans un désert d’indices. Seules informations : L’ange noir enlève de jeunes adolescents de 17 ans, homosexuels, il les séquestre 48h avant de les émasculer et de déposer leur cadavre dans des espaces publics.
Nous allons suivre l’enquête de Stéphane Macaire, brigadier-chef à Arras, donnant un coup de main non négligeable à la police criminelle de Lille, dans laquelle officie Emma, son ex-femme. Ce qui rattache ce couple à cette série de crime est leur enfant, âgé de 17 ans et homosexuel lui-même.

Un bon mélange de polar et de thriller, mettant en avant la difficulté que peuvent avoir les adolescents à vivre leur différence, avec beaucoup de cadavres quand même…
Petit bémol pour le final (il en faut toujours, que ce soit pour Hernu ou pour Thilliez), sans dévoiler quoi que ce soit, je dois avouer avoir été un peu frustré. Même si l’on pouvait s’en douter un peu, étant donné qu’Hervé nous a gratifiés d’une suite…

Quelques remarques en vrac. J’ai trouvé que la quantité d’homophobes au m² à Arras était assez impressionnante. Alors certes, je ne fréquente pas outre mesure ce milieu et les quelques connaissances gay que j’ai ne sont sans doute pas représentatives de la moyenne, mais je n’avais pas l’impression qu’autant de haine et de maltraitance pouvaient transpirer des familles concernées. J’espère que Hervé a accentué les faits, car sinon, j’avoue tomber de haut et devoir me préparer à réviser ma conception de l’homme (qui n’est déjà pas très joyeuse, d’ailleurs).
J’ai aussi été gêné par l’intervention du hasard à deux moments. Pour ne pas spoiler, j’indiquerai juste l’épisode de la récupération du téléphone perdu par une victime, et l’épisode de la rencontre entre Emma et le tueur, à la déchetterie. Dans le premier cas, un simple passant aurait pu récupérer le téléphone.
Pour terminer, je dirai que j’ai aussi parfois ressenti ce qu’on ressent devant un film d’horreur, quand on voit l’un des jeunes partir seul alors que le tueur a déjà éliminé trois de ses amis. On se dit : « mais non, il ne va pas y aller seul, il n’est quand même pas aussi con ? ». Et en fait, si… Tu es un jeune de 17 ans, homosexuel, brun, comme toutes les victimes. En plus, tu vis chez le flic qui mène l’enquête et qui est très au courant des méthodes d’enlèvement. Mais tu décides quand même d’aller en soirée et de revenir seul, vers minuit. Bref, t’es un ado de 17 ans très con con…

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