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"Majestic Muder" d’Armelle Carbonel

publié le 1 juin 2017 à 13:52 par Gilles Debouverie
A force d’entendre des louanges autour des deux romans d’Armelle Carbonel, je n’avais pas d’autre possibilité que d’aller vérifier par moi-même. Bon, je savais que l’auteure était sympathique pour l’avoir croisée en salon, mais cela ne garantit rien, croyez-moi…
J’ai opté pour son dernier opus : Majestic Murder.

Dès les premières lignes, j’ai su que je m’attaquais à du lourd.

Le pitch pour commencer : Lillian est une camée qui vit dans un squat à Saint-Louis. Elle rencontre Seamus et ils se plaisent, noyés dans ce milieu sombre et décadent. Lillian rêve de devenir actrice et elle tombe sur l’annonce d’un théâtre qui cherche des comédiens pour une pièce. Elle va décider Seamus de l’accompagner.
Pendant ce temps-là, un inspecteur se met en quête d’un tueur en série, sévissant tous les trois ans dans des états toujours différents. Il se met en route après avoir reçu de nombreux indices par le biais d’un mystérieux correspondant.
Dans ce théâtre étrange, Lillian et Seamus vont découvrir une troupe atypique et limite effrayante, travaillant sur une pièce écrite en la mémoire de Peg Entwistle, une actrice du début du XXe siècle qui s’est suicidée assez jeune.

Attention, il ne faut pas lire du Carbonel comme on lirait du Levy ou du Musso. La plume de cette auteure nécessite une attention particulière et un véritable travail de lecture. Je me permets de penser qu’il ne faut pas lire ce livre dans n’importe quelle situation. Pas certain que je l’aurais apprécié de la même façon au bord de la plage ou d’une piscine. Par contre, dans de bonnes conditions, on se laisse rapidement embarquer par le plus grand point fort de Mme Carbonel : l’ambiance.
Majestic Murder est un polar d’ambiance en huis clos. Une fois franchi la qualité du verbe de cette jeune femme, on plonge dans ce théâtre. On palpe les tentures, on sent les relents de moisissure, on entend le bois craquer sous nos pieds accompagné par une musique de jazz lancinante, on plisse les yeux dans la pénombre. A tel point que l’intrigue elle-même en devient presque secondaire.

Je suis persuadé que ce livre ne plaira pas à tout le monde. Le fait qu’Armelle Carbonel ne se glisse pas dans le moule et ne joue pas avec les règles classiques en déroutera plus d’un. Mais personne ne pourra me contredire sur la qualité de son écriture et sur son talent pour poser une atmosphère.
Avec toutes ces qualités, à quand un roman d’horreur psychologique à la shining ?
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