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"Meurtre à l'Assemblée" de Jean-Louis Debré

publié le 19 déc. 2013 à 12:49 par Gilles Debouverie
Le 05/02/2013

J’ai rencontré Mr Debré lors du salon du livre de Morbecque, et je ne savais pas que ce monsieur, fort agréable et disponible au demeurant, s’adonnait de temps à autre à l’écriture de polar. Fort d’une honorable dédicace, je glisse ce petit ouvrage dans ma file d’attente de roman en attente de lecture.
Moi qui suis un adepte du récit à la première personne, je constate, en attaquant sa lecture, que Mr Debré avait abordé son sujet de la même manière, avec une petite nuance, dans l’utilisation duprésent.
Je me pose toujours la question du temps à employer avant de me lancer dans la rédaction d’un roman. Le couple imparfait/Passé simple est le plus usité. Je pensais que le présent devait s’imposer lorsque le narrateur doit découvrir l’intrigue en même temps que le lecteur, alors que le passé lui permet d’avoir un certain recul, d’effectuer des analyses de ce qui lui arrive. Le présent devrait plus être dans l’action. J’ai moi-même bien un sujet, dans mes cartons, qui serait plus adapté au présent, parce que le narrateur débuterait avec une amnésie. Cela devrait être plus crédible de dire « Je ne me souviens de rien… » que « Je ne me souvenais de rien… » Surtout s’il est porté dans un premier temps par un énorme mensonge qu’il ne pourrait relater de façon aussi crédule avec le recul du passé.
Tout ça pour dire que je pense que le passé aurait été plus adapté à ce roman…
De plus, lorsque j’écris à la première personne, je sais que j’utilise un style qui va m’obliger à amener toute l’histoire, sans exception, à travers les yeux du narrateur. C’est une gymnastique assez complexe à laquelle on ne doit pas se plier quand on rédige à la troisième personne. Dans ce second cas, les flashbacks, les histoires parallèles, raconter comment les méchants fomentent leurs mauvaises actions pendant que les gentils font fausse route, c’est facile. A la première personne, le lecteur doit tout apprendre par le narrateur. Ce que le narrateur ne voit pas, il doit l’apprendre, se le faire raconter, bref… Mr Debré se permet (et il en a parfaitement le droit) de mélanger les deux styles, glissant de temps à autre, un épisode à la troisième personne pour expliquer ce que le narrateur (le capitaine de police), ne voit pas, et ne découvrira même jamais parfois. Style ? Solution de facilité ? L’écriture est un espace de liberté. Accordons-le-lui…
Quand à l’histoire, elle est sommes toute assez plate. Les chapitres sont très courts, très bien écrits, se lisant sans avoir besoin de dictionnaire à ses côtés et cela j’approuve. Mais à aucun moment je n’ai été pris dans cette spirale absorbante que je rencontre chez certains auteurs comme chez Thilliez par exemple.
Pour avoir entendu la verve colorée de Mr Debré lors d’une conférence, je pense qu’il doit bien plus exceller dans les essais politiques que dans le polar. De là à dire que la meilleure partie du livre fut ladédicace…
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